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Les opposants au centre de séchage de Saint-Étienne réduits au silence
sam. 19 avril 2008 - 6:29 |
Par Yves Gagné
Source : Le
Soleil
Les Lévisiens opposés au centre de séchage de grains du quartier
Saint-Étienne devront s’engager à ne plus dire un mot et à livrer leur
nom, adresse et numéro de téléphone, faute de quoi ils feront face aux
«moyens nécessaires» pour qu’ils se tiennent cois.
Ce sont les exigences évoquées dans une mise en demeure livrée ces
jours-ci par huissier au porte-parole du groupe d’opposants, Jean-Luc
Racine, par le conseiller juridique des Aménagements La Chaumière.
« Je n’ai aucun commentaire. Parce que je ne peux pas en donner », a
laconiquement indiqué M. Racine au Soleil.
Érigé à la fin de l’été 2007 dans la zone verte de Saint-Étienne, le
centre de séchage de La Chaumière s’est valu, dès le début de son
exploitation, une levée de boucliers des résidants du quartier situé
tout près, qui se sont abondamment plaints du bruit et de la poussière
au moment des récoltes. Le litige a pris le ton d’une saga quand ces
citoyens ont signé une pétition de 200 noms, réclamé la tête de leur
conseiller municipal Philippe Laberge, demandé la démolition du
complexe, affirmé que sa construction n’a jamais été validée par un
permis municipal, demandé une enquête au ministère des Affaires
municipales (MAM), etc.
Dans le même temps, le ministère de l’Environnement, la Direction de
santé publique (DSP) et la Commission de protection du territoire
agricole (CPTAQ) s’en sont préoccupés.
Faussetés
Mais pour Laurier Gauthier, de l’étude légale lévisienne Langlois
Kronström Desjardins, il y a plein de faussetés dans le discours des
opposants, le centre de séchage de La Chaumière étant partout conforme
et en droit d’être exploité. C’est un fait reconnu par la CPTAQ et la
Ville et ces faussetés causent du tort à l’entreprise et à ses
administrateurs et employés, indique-t-il dans sa mise en demeure de
deux pages.
« Dans les circonstances, nous nous devons d’exiger de votre part qu’eu
égard aux activités de notre cliente liées aux opérations de séchage de
grains sur sa propriété de Saint-Étienne, vous cessiez immédiatement
toute représentation ou toute démarche envers quiconque, en votre nom
personnel et au nom des citoyens que vous représentez, et que vous nous
confirmiez par écrit au plus tard le 18 avril 2008 que vous renoncez à
intervenir dans tout recours, procédure ou autre démarche administrative
se rapportant directement ou indirectement à ce dossier », précise
l’avocat dans sa lettre à M. Racine.
Du même jet, il réclame à celui-ci la liste de son groupe, leur adresse
et leur numéro de téléphone. Et il suggère aussi qu’une copie de son
message leur soit remise.
« Bien entendu, si vous refusiez de donner suite aux demandes qui vous
sont adressées dans les délais qui vous sont accordés, soyez avisé que
notre mandat est de prendre les moyens nécessaires afin de faire cesser
tout agissement de votre part et des citoyens que vous représentez »,
précise-t-il, faisant état le cas échéant de compensations pour dommages.
En Floride
Joint en Floride, l’exploitant du centre de séchage, Jean-Guy Sylvain,
s’est abstenu lui aussi de commenter. « Je ne suis pas trop au courant
de cela. Je suis à Miami dans le moment », a-t-il dit, évoquant une plus
grande disponibilité à son retour, la semaine prochaine.
À la direction régionale du ministère de l’Environnement de
Chaudière-Appalaches, un porte-parole a indiqué que «le dossier est
toujours ouvert au niveau du service des enquêtes». La DSP a aussi
indiqué qu’un dossier a été ouvert et qu’ « un avis sera émis
ultérieurement ». Au MAM, un porte-parole a noté que « le traitement de
la plainte suit son cours ».
Article de Marc Saint-Pierre.
Reproduit avec autorisation.