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Lévis devra indemniser ses pompiers
sam. 31 mai 2008 - 7:42 |
Par Yves Gagné
Source : Le
Soleil
Une sentence arbitrale qui vient de donner raison au syndicat des
pompiers de Lévis risque de valoir à la ville une facture proche du
million de dollars.
« Ce n'est pas simple à calculer. Mais nos prétentions, c'est que les
indemnisations à nos membres vont tourner autour de 875 000 $ ou 900 000
$ », a indiqué le président du Syndicat des pompiers du Québec, section
locale de Lévis, Philippe Bernier.
La sentence rendue ces jours-ci par l'arbitre Bruno Leclerc fait suite à
des griefs déposés par les pompiers lévisiens à l'été 2006 qui
estimaient non conforme à leur contrat collectif de travail la mécanique
de remplacement des pompiers réguliers en caserne. Des remplacements
confiés en l'espèce à des pompiers temporaires.
« (...) l'employeur (Lévis) a contrevenu à la convention collective en
octroyant, depuis le 1er juillet 2006, la totalité de la garde en
caserne aux pompiers temporaires au détriment des pompiers réguliers à
temps partiel », a tranché l'arbitre.
« (...) le droit d'effectuer la garde en caserne et de remplacer les
pompiers réguliers à temps plein appartient prioritairement aux pompiers
réguliers à temps partiel », précise-t-il.
Pas une partie de plaisir
Dans sa décision de 50 pages,
l'arbitre conçoit que la création d'un service de sécurité incendie dans
la nouvelle grande ville de Lévis n'a pas été une partie de plaisir pour
les gestionnaires municipaux. Il n'en estime pas moins que « l'employeur
ne peut oublier ses obligations ou y mettre fin sans tenir compte de ses
engagements et des droits conférés aux pompiers réguliers à temps
partiel par la convention collective ».
Selon les statuts en vigueur, les pompiers réguliers et leurs homologues
réguliers à temps partiel sont nommés « expressément » par le conseil
municipal. Les pompiers temporaires, eux, sont sans plus embauchés en
raison de circonstances particulières, par exemple pour combler une
absence ou parce qu'il y a surcroît de travail.
Confier à ces temporaires la garde en caserne mine les droits acquis par
les pompiers réguliers à temps partiel lors de la fusion et confirmés
par le contrat de travail, l'arbitre Leclerc dixit, qui a en tête que la
manœuvre peut même être assimilée « à un congédiement déguisé ».
Dans ce contexte, Bruno Leclerc ordonne à la Ville de Lévis d'indemniser
« tous les pompiers réguliers à temps partiel ». « (...) le tout avec
les intérêts prévus au Code du travail », précise-t-il.
Selon le président Bernier, ce sont 22 de ses membres qui sont concernés
par la décision arbitrale.
« Nous sommes en attente de la position de la ville. Tout le monde
travaille là-dessus. Un cadre d'application doit être défini. Et
comprenons que l'horloge continue de tourner », a-t-il ajouté à grands
traits, évoquant des échanges entre le syndicat et une administration
municipale sur les dents.
Article de Marc Saint-Pierre.
Reproduit avec autorisation.